Culture en péril, suite et fin.

Voici la version longue de cette vidéo, hilarante, mais bien triste à la fois.

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Une Réponse à “Culture en péril, suite et fin.”

  1. Claude Parent Dit:

    La culture paie le prix des croyances des élus
    - Jim Flaherty avoue que des considérations politiques ont guidé le gouvernement au moment de couper certains programmes culturels

    Guillaume Bourgault-Côté
    LE DEVOIR
    Édition du vendredi 26 septembre 2008

    Le débat culturel ne faiblit pas: hier, Jim Flaherty a avoué que des considérations politiques ont guidé le gouvernement au moment de couper certains programmes culturels, dont la disparition soulève toujours la grogne.

    En entrevue éditoriale avec le National Post, le ministre des Finances sortant, M. Flaherty, a indiqué que des motifs politiques avaient effectivement guidé les conservateurs dans leur décision de mettre un terme à une quinzaine de programmes totalisant quelque 45 millions en subventions.

    Rappelant qu’il siégeait au sein d’un gouvernement conservateur, M. Flaherty a indiqué que «les décisions sont prises par des ministres [...] qui ont leur opinions» sur certains programmes. Jusqu’ici, le gouvernement avait justifié la plupart des coupes par un souci d’efficacité budgétaire, tout en reconnaissant qu’un programme avait été supprimé pour des raisons idéologiques.

    Les propos du candidat conservateur jettent un éclairage plus précis sur la genèse d’une décision dont les répercussions occupent beaucoup d’espace dans l’actuelle campagne électorale. À Québec, les ministres de la Culture et les représentants des dossiers culturels des provinces et des territoires entamaient hier en ce sens un sommet au terme duquel ils comptent adopter, aujourd’hui, une résolution condamnant les récentes coupes fédérales.

    À l’origine, cette rencontre devait en être une fédérale-provinciale, mais la ministre Verner l’avait annulée au début de la campagne. La ministre québécoise Christine St-Pierre a toutefois décidé d’inviter ses homologues des provinces et des territoires.

    Seules la Colombie-britannique et l’Alberta sont absents. «C’est assez important de voir que tout le monde ou presque a accepté l’invitation. Pour moi, c’est un très bon signe», a dit Mme St-Pierre.

    Les ministres entendent réclamer par voie de résolution une rencontre avec le futur détenteur du dossier du Patrimoine au niveau fédéral. «Je vais continuer à demander à ce qu’on puisse avoir une rencontre. C’est important», a déclaré Mme St-Pierre en entrevue au Devoir hier.

    Revoir le système

    Sur le front artistique, le débat continue. Dans un texte reproduit aujourd’hui dans Le Devoir, en page A 9, Normand Latourelle, directeur artistique de Cavalia — dont la troupe a obtenu un grand succès dans le monde –, fait d’abord entendre une voix divergente de celles entendues jusqu’ici.

    Incitant les artistes à «créer plutôt que de chialer», M. Latourelle écrit «que l’abolition des programmes par le gouvernement fédéral est une excellente idée». Non pas que le financement de la culture soit superflu: mais «la majorité des programmes visés par les coupures sont désuets, difficiles d’accès, compliqués à administrer et mal adaptés à la réalité de la culture d’aujourd’hui», dit-il.

    Soulignant la complexité du système actuel — beaucoup d’intervenants et peu d’argent au bout du processus –, M. Latourelle encourage les dirigeants à «couper les programmes actuels et à revoir l’ensemble des programmes»… mais cela pour en arriver à des solutions réellement efficaces. Les artistes ont «tout avantage à réclamer de nouvelles façons de faire plutôt que de demander de perpétuer un système déjà désuet», estime-t-il.

    Atwood en colère

    La célèbre écrivaine Margaret Atwood s’est quant à elle lancé dans une charge virulente contre Stephen Harper dans l’édition d’hier du Globe and Mail. En réponse aux propos du chef conservateur sur les artistes qui se plaignent en habit de gala, Mme Atwood écrit qu’il n’y a pas une dizaine d’auteurs canadiens qui peuvent être considérés comme relativement riches.

    «Je suis l’une d’entre elles, et je ne suis pas Warren Buffett. Je ne me plains pas de mes bourses parce que je n’en ai aucune. Mais je me plains pour d’autres bourses: celles données à des jeunes pour les aider à acquérir un statut comme le mien, statut qui les aidera à payer aux gouvernements le genre de taxes que je paie et qui aident à payer des salaires comme celui de M. Harper.»

    Margaret Atwood dénonce la vision de Stephen Harper voulant qu’une personne «ordinaire» se fout nécessairement du milieu culturel et soit dépourvue de toute sensibilité artistique. «Les êtres humains sont créatifs par nature», écrit la romancière en énumérant une longue liste de modes d’expression utilisés par tout un chacun. Il est donc tout à fait «ordinaire» de toucher à l’art, dit Mme Atwood; ce qui ne l’est pas, c’est «l’absence d’appréciation de ces activités».

    Dans une même veine, le dramaturge québécois Wajdi Mouawad se désole de voir que le débat actuel semble avoir creusé un large fossé entre la population et les artistes (voir page A 8). «Jamais l’incompréhension n’a été aussi grande entre les artistes et la société canadienne», écrit-il dans un texte qu’il a lu en public mercredi.

    «La politique culturelle du Canada est construite sur la détestation des intellectuels et le ricanement envers la parole des artistes», estime M. Mouawad, qui reproche à tous les partis fédéraux de ne pas avoir eu «le courage de faire entendre à la population canadienne la nécessité de la création, le choix de la culture».

    ***

    Avec la collaboration d’Antoine Robitaille

    http://www.ledevoir.com/2008/09/26/207585.html

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