L’obscurantisme des coupures Harper

[Un texte de Julie Vincent, comédienne, auteur et directrice de la compagnie de théatre Singulier Pluriel]

J’ai fait avec mes collègues le compositeur de musique Michel Smith, la comédienne Noemie Godin Vigneault et la scénographe Geneviève Lizotte des voyages récemment en Uruguay où nous avons travaillé avec un groupe d’artistes d’Amérique Latine. Nous avons aussi voyagé à Buenos Aires.

Nous étions très peu soutenus mais le furent tout de même par l’ambassade du Canada en Uruguay. Nous sommes assez pauvres mais très actifs et présents culturellement. Le peu d’aide que nous avons reçu fut déterminant; il a permis d’initier un dialogue et une pratique active entre les cultures nord-sud et aussi de percevoir un volet économique à moyen terme très profitable pour notre collectif de travail et aussi celui de nos collègues du sud. Ce travail prend du temps, de l’imagination, de la patience. Ce travail améliore et qualifie positivement les relations entre les cultures, entre les peuples.

Le Canada jadis au plan international se targuait de cette ouverture exceptionnelle, cette capacité à l’échange, à l’entente pacifiste inter-culturelle; au delà des polémiques nous avions cette réputation, cette ouverture pacifiste. Nous sommes inquiets , nous ne nous reconnaissons plus dans le mesures gouvernemantales actuelles en matière culturelle.

Les coupures actuelles du gournement Harper nous disqualifient au plan international comme artistes, comme peuple. ces coupures ne touchent pas seulement les grandes compagnies comme celle de Robert Lepage, elles touchent aussi les plus petites associations qui évoluons économiquement et culturellement par notre liberté d’expression notre recherche, notre prise de risque, notre débrouillardise vers des découvertes inter-culturelles déterminantes et importantes au plan de la mixité culturelle qui définit aussi maintenant ce pays et son ouverture aux énergies créatrices internationales qui se tissent en ce moment dans le monde .

L’obscurantisme de ces mesures Harper en matière de culture nie la véritable identité de notre recherche artistique comme reflet de notre peuple; au-delà des opinions politiques, l’obscurantisme de ce gouvernement en matière de culture, son indifférence soulève au plan éthique un questionnement, une prise de conscience, une revendication de la liberté d’expression fort malhabilement mise en péril au moment où l’état du monde pouvait à tout le moins compter sur les artistes de ce pays pour initier des processus de rencontres inspirées, articulées, harmonieuses entre les cultures au plan international.

Nous chercherons toujours comme artistes à respecter nos valeurs humanistes et il est de notre devoir comme artistes de ce pays si elles sont menacées de travailler à les rétablir car elles définissent notre identité, et la qualité des relations que nous cherchons à établir avec les autres cultures.

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2 Réponses à “L’obscurantisme des coupures Harper”

  1. Jean-Yves Dit:

    La culture c’est un reflet en continue de ce que sont tous les segments de la société. C’est en observant cette représentation en continue que nous parvenons à nous comprendre mieux, à comprendre ce qui est différent de chacun. C’est notre ciment social, un lien entre chacun et tous.

    La culture c’est aussi un bouillon d’idées, la pensée collective en ébullition, un milieu d’interaction entre tous, un milieu où tous se conditionnent réciproquement en nous emmenant vers un avenir que nous voulons choisir ensemble, le plus possible. Mais il semble qu’actuellement ce soit le gouvernement Harper qui veuille décider seul de la direction à prendre.

    Ça me fait penser aux années Duplessis. Sauf que c’est à Ottawa que ça se passe. On se croirait revenue aux années de la grande noirceur. Pas encore, mais Harper et son équipe pousse fort dans cette direction.
    La révolution tranquille n’a pas atteint tout le monde. Il y a encore beaucoup de travail à faire.

    En politique, c’est encore les partis politiques du monde des affaires qui nous imposent la majorité des candidats dans l’élection. Y a-t-il un vrai choix?

    Le mot démocratie n’a pas une définition mise à jour pour ces gens. Ils vivent encore avec les arrangements constitutionnels du XIX° siècle imposés au Canada par la Grande-Bretagne. Ce qui consolidait l’empire de cette dernière sert aussi bien à consolider les gouvernements de ces partis.

    Avons-nous les institutions qui nous permettraient, nous le peuple, nous la nation, nous les nations, de décider réellement de la voie que devraient suivre ceux qui sont censés nous représenter?

    Ce qui se passe devrait nous conduire à penser qu’il faut moderniser notre «démocratie» afin qu’elle puisse répondre aux besoins actuels. Pour cesser de nous enfoncer dans l’injustice sociale avec des gouvernements rétrogrades il nous faut de nouvelles règles politiques basées sur des concepts modernes qui reflètent les besoins actuels. Pas de règles du XIX° siècle.

  2. Pierre Jasmin Dit:

    L’arrivée au pouvoir de Paul Martin a coincidé avec sa nomination à la tête de l’armée canadienne du général Rick Hillier, (dé)formé au Texas. Celle de Stephen Harper, avec la nomination d’un ministre de la “Défense” ex-lobbyiste pouer des compagnies d’armement,Gordon O’Connor.
    En cinq ans, donc, le budget militaire a augmenté de près de 8 milliards de $ par année, ce qui représente autour de 45 millions de $ tous les deux jours (45 millions, c’est le montant des coupures annuelles aux artistes), essentiellement pour financer la guerre en Afghanistan.
    C’est une guerre faite par l’OTAN, alors que le Canada boycotte de plus en plus l’ONU: hier, à la journée internationale de la paix (ONU), les Artistes pour la Paix distribuaient un document faisant état que de 3200 Casques Bleus canadiens en 1997, nous sommes passés à une cinquantaine, bref du 1er rang mondial comme gardiens de la paix (cf Lester B. Pearson qui avait gagné un prix Nobel pour cette initiative), le Canada est passé au 56e rang. Rappelons qu’un scandaleux 1.1% des Cas

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