Respecter les engagements pris en novembre 2007
[un texte de Simon Brault, Président de Culture Montréal, Isabelle Hudon, Présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Gérald Tremblay, Maire de Montréal, président du Rendez-vous de novembre 2007]
C’est à la ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles, mais c’est également, et surtout, à notre collègue du comité de pilotage du Plan d’action 2007-2017 - Montréal, métropole culturelle que nous nous adressons aujourd’hui.
Tout comme nous, vous avez cru et avez participé activement au Rendez-vous de novembre 2007 et, de concert avec les autres membres du comité de pilotage, vous avez investi du temps et de l’énergie au cours des dix-huit mois qui ont précédé l’événement afin de travailler avec acharnement à l’élaboration d’un plan d’action sur dix ans (2007-2017). Ce plan, entériné par tous les participants du Rendez-vous, vise à faire de Montréal une métropole culturelle internationale du XXIe siècle misant prioritairement sur la créativité, l’originalité, l’accessibilité et la diversité. Vous avez alors démontré que vous étiez sensible au développement du secteur de la culture et, par conséquent, au développement de Montréal.
Cependant, les annonces des derniers jours, reprises dans les médias, relatives à plusieurs compressions du gouvernement fédéral dans ce domaine, contrastent avec cette sensibilité et nous en sommes inquiets.
Il importe de poursuivre les efforts et les engagements communs pris lors du Rendez-vous de novembre 2007. Vous l’avez vu, vous l’avez vécu, ce Rendez-vous a été une occasion unique pour tous les partenaires de démontrer qu’il est possible de travailler de concert et harmonieusement pour l’atteinte d’un objectif commun: le développement et le rayonnement de Montréal, métropole culturelle.
En novembre 2007, chaque membre du comité de pilotage a eu de nombreuses occasions de s’exprimer. Parmi vos déclarations, nous en avons retenu une qui, à nos yeux, reflète en tous points l’objectif ultime. Vous avez en effet déclaré que «nous partageons une même volonté: celle de construire une métropole culturelle sur des assises solides, et ce, tant sur le plan artistique qu’économique et politique».
Aujourd’hui, à la lumière de ces annonces, nous pouvons nous interroger sur l’impact qu’elles auront pour les organismes et les artistes, notamment du secteur de la danse et du théâtre jeune public, dont l’excellence dépasse nos frontières. Pour continuer de se maintenir dans le peloton de tête et d’offrir à la population montréalaise une diversité de création exceptionnelle, les collaborations entre artistes et la diffusion internationale sont vitales. La disparition, entre autres, du programme PromArt risque de mettre en péril la vivacité et la survie même de ces organismes qui ne peuvent subsister avec le seul marché montréalais, québécois et même canadien.
Il en est de même pour le secteur du film, de la vidéo et des nouvelles technologies, un secteur de pointe pour la métropole. L’impact des compressions vient fragiliser notamment l’avenir de la formation de pointe en cinéma offerte à Montréal par l’Institut national de l’image et du son (INIS), de même que la recherche technologique et artistique axée sur les nouveaux médias et menée entre autres par la Société des arts technologiques (SAT) et Hexagram. Ces secteurs contribuent pleinement à la vitalité culturelle et économique de Montréal. L’économie de la culture représente annuellement quelque cinq milliards de dollars et plus de 90 000 emplois. À titre de membres du comité de pilotage ayant à coeur la mise en oeuvre du Plan d’action 2007-2017, nous croyons, tout comme vous, en l’avenir de Montréal, métropole culturelle. C’est pourquoi nous demeurons confiants quant à la volonté de votre gouvernement de réviser ses politiques et programmes afin d’en développer de nouveaux, bien orientés et encore mieux adaptés à la réalité des créateurs d’aujourd’hui.
Au fil des ans, nous avons collectivement soutenu de très nombreux artistes qui sont aujourd’hui de véritables ambassadeurs de notre culture, de notre dynamisme et de notre créativité, non seulement pour Montréal, mais également pour le Canada tout entier. Tout au long de nos travaux d’élaboration du Plan d’action 2007-2017, nous avons manifesté à la fois de l’ouverture et un grand esprit de concertation. Aussi, nous sommes convaincus que c’est ensemble que nous saurons faire preuve de créativité et de complémentarité pour dégager de nouvelles façons de faire pour optimiser nos investissements et permettre à nos artistes de continuer à se développer et à rayonner ici et ailleurs.
Nous joignons donc notre voix à celle d’autres organismes, et plus particulièrement à celle de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, Christine St-Pierre, également membre du comité de pilotage avec son collègue Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de Montréal, afin qu’une solution viable et respectueuse des engagements pris soit trouvée rapidement.
[Lettre à madame Josée Verner, ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles]
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Tags: Hexagram, INIS, Josée Verner, Montréal, SAT


17 septembre 2008 à 12:46
Les industries culturelles ont autant besoin de subventions que les industries commerciales pour survivre et se développer dans un monde éclaté comme le nôtre. On prend souvent la culture pour une chose superficielle et décorative ou délassante qu’on ajoute au reste de la vie. Pourtant elle est le ferment et l’expression au quotidien de l’âme et des gestes d’une collectivité vivante, unique et complexe.
On peut considérer que la subvention gouvernementale est aujourd’hui le mécénat d’autrefois sans qui les artistes ne pouvaient survivre ; c’est un devoir politique intrinsèquement lié au développement de la démocratie. Y aurait-il des Rembrant, Michel-Ange ou Jean -Sébastien Bach sans mécénat de leur seigneurs et princes ?
Et puis, les gouvernements qui ont brimé les artistes n’ont-ils pas toujours été vus après leurs heures de gloire, comme des gouvernement répressifs ayant fait souffrir leur peuple ? Baillon et silence ne peuvent rimer avec liberté.
Est-ce bien ce que M. Harper et ses députés veulent ?