L’INIS veut savoir pourquoi la formation n’est pas un investissement intéressant aux yeux de la ministre Josée Verner

À la veille de lancer son appel de candidatures pour les programmes de formation qu’il offrira en 2009, l’Institut national de l’image et du son (INIS) a été informé, le vendredi 8 août dernier, que le Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo (PNFSFV), financé par Patrimoine canadien et administré par Téléfilm Canada, ne sera pas reconduit au-delà du 1er avril 2009. Concrètement, cela signifie une perte de quelque 900 000 $ annuellement pour l’Institut, soit près de 25 % de son budget de fonctionnement. À moins que des solutions alternatives ne soient proposées par le gouvernement fédéral, il est clair qu’une coupe de cette importance aura un impact sur les activités de l’INIS. L’Institut est également impatient d’entendre la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, lui expliquer pourquoi, à ses yeux, la formation n’est pas un investissement intéressant comme elle le mentionne dans une entrevue publiée dans le quotidien La Presse du vendredi 15 août et de lui indiquer à quels «programmes existants» elle fait référence quand dans le même article elle mentionne qu’«on ne laisse pas tomber l’INIS».

«La décision du ministère du Patrimoine canadien d’abolir unilatéralement le PNFSFV de même que plusieurs autres programmes de soutien au secteur culturel est inexplicable, et la façon de nous la faire connaître pour le moins cavalière, a fait savoir dans une lettre ouverte transmise aux médias monsieur Michel G. Desjardins, directeur général et directeur des programmes de formation de l’INIS. La contribution de l’INIS au développement et à la consolidation des milieux professionnels du cinéma, de la télévision et des médias interactifs, par le biais de programmes de formation de haut niveau, est reconnue par l’ensemble des intervenants de ces secteurs. Il est d’ailleurs important de rappeler que les professionnels sont à l’origine même de la création de l’Institut et que leur présence active comme administrateurs, formateurs et collaborateurs à la production a toujours été un élément déterminant dans la décision du gouvernement fédéral d’appuyer l’INIS. La coupe annoncée semble faire partie d’un plan plus vaste visant à diminuer le soutien de l’État canadien au secteur culturel. Un manque de vision étonnant quand on sait que la plupart des autres paliers gouvernementaux du pays reconnaissent l’impact positif de la culture en matière de développement économique. Malheureusement, les raisons précises qui ont mené à ces décisions sont pour l’instant inconnues si ce n’est un vague “changement de priorités du ministère”; aucun interlocuteur étant disponible pour les commenter. Et les rumeurs concernant d’autres compressions dans le domaine des nouveaux médias ne sont pas là pour nous rassurer. Il est inacceptable de voir le soutien du gouvernement fédéral disparaître ainsi sans que nous ayons eu l’occasion de faire valoir notre point de vue. Nous voulons savoir pourquoi la ministre du Patrimoine canadien Josée Verner considère que le PNFSFV ne constituait pas “des investissements qui étaient intéressants” comme elle le mentionne dans une entrevue publiée dans le quotidien La Presse du vendredi 15 août. Nous sommes aussi curieux de connaître les programmes existants qui permettront au gouvernement de “ne pas laisser tomber l’INIS” comme elle l’annonce dans le même article», ajoute monsieur Desjardins.

Dès le début de ses activités en 1996, l’INIS est devenu un modèle en matière de formation professionnelle. Ses programmes en cinéma, télévision, documentaire et médias interactifs ont toujours été adaptés aux réalités du monde professionnel et son financement toujours divisé à parts égales entre les contributions publiques et privées. Plusieurs personnalités du monde du cinéma et de la télévision collaborent avec l’Institut à titre d’administrateurs, de formateurs et de collaborateurs à la production. Mentionnons, entre autres, Pierre Roy, Janette Bertrand, Michelle Allen, Pierre-Yves Bernard, Fernand Dansereau, Denis Bernard, Gilbert Sicotte, Benoît Pilon, Monique Simard, Patrick Roy et plusieurs autres. Auxquels s’ajoutent des professionnels des médias interactifs comme Éric Chartrand, Marc Beaudet, Éric Noël, Marie Paquet.

Créé en 1997, le Programme national de formation a pour principal objectif de soutenir le perfectionnement professionnel des nouveaux créateurs canadiens et de stimuler le renouvellement des compétences des créateurs chevronnés, et ce, afin que le grand public puisse jouir du dynamisme et de la vitalité de l’industrie canadienne du film et de la vidéo dès maintenant et pour les années à venir. Outre l’INIS, trois autres centres canadiens de formation sont soutenus dans le cadre de ce programme parce qu’ils répondent efficacement aux priorités et aux besoins de l’industrie canadienne du cinéma et de la télévision en matière de perfectionnement professionnel; il s’agit du Canadian Film Centre (Toronto), du National Screen Institute (Winnipeg) et du Canadian Screen Training Centre (Ottawa). Financé par Patrimoine canadien et administré par Téléfilm Canada, le budget total du Programme s’élève à 2,5 M$, dont près de 900 000 $ sont versés à l’INIS.

«Les institutions, telles que l’INIS, qui offrent un maillage aussi serré avec l’industrie et la communauté, ainsi qu’une capacité à réagir rapidement aux mutations de l’environnement et à la convergence des médias sont rares et devraient être encouragées dans leurs actions, plutôt que condamnées à dépenser leur énergie à combler les trous provoqués par le ministère du Patrimoine canadien, poursuit monsieur Desjardins. La formation est un investissement à long terme, quel que soit le domaine, le cinéma, la télévision et les médias interactifs ne font pas exception. Les compétences et les aptitudes, la créativité et le talent s’acquièrent en franchissant des étapes. Ainsi, la formation proposée par l’INIS vient compléter efficacement celle des réseaux universitaires et elle accélère le parcours professionnel de ceux qui en bénéficient. En ce sens, la décision d’abolir un programme comme le PNFSFV et de menacer ainsi la survie d’une institution comme l’INIS s’explique difficilement. D’autant plus qu’une récente évaluation du Programme*, commandée par le ministère du Patrimoine canadien, témoigne du haut degré de satisfaction des diplômés à l’égard de la formation qu’ils ont reçue. Or, la satisfaction des étudiants inscrits à l’INIS; leur rapide intégration au marché du travail; et l’appréciation dont ils font l’objet de la part des professionnels en exercice sont les meilleurs indicateurs de la pertinence de son intervention», mentionne également monsieur Desjardins.

La majorité des 356 diplômés formés à l’INIS travaillent activement dans leur domaine de formation, dont plusieurs à des postes clés. Les cinq diplômés qui seront mis de l’avant dans le cadre du prochain appel de candidatures pour les programmes de formation offerts en 2009 en sont de bons exemples : Anaïs Barbeau-Lavalette (réalisatrice du « Ring », gagnant de plusieurs prix au Québec et à l’étranger); Frédéric Ouellet (auteur de la série et du long métrage « Grande Ourse »); Stéphanie Verrier (productrice chez Productions Virage); Benoit Laforest et Julie Marchiori (membres de l’équipe de développement du jeu « Army of two » d’Electronic Arts Montréal). On peut également ajouter à cette courte liste Philippe Gagnon (réalisateur de « Dans une galaxie près de chez vous 2 » et de quelques épisodes de la série « Nos étés ») de même que Géraldine Charbonneau, Alexis Fortier-Gauthier et Élaine Hébert, respectivement scénariste, réalisateur et productrice de « Après tout », récipiendaire du Génie du Meilleur court métrage dramatique en 2008.

Les actions de l’INIS sont nombreuses et variées. Outre ses programmes de formation régulière (Cinéma, Télévision, Médias interactifs, Documentaire, Écriture de long métrage) qui accueillent chaque année une cinquantaine d’étudiants venus apprendre au côté de plus de 1 000 professionnels venus partager leurs connaissances à titre de formateurs ou de collaborateurs à la production, près de 500 professionnels en exercice viennent chaque année à l’INIS se perfectionner dans le cadre de programmes de formation continue. Plusieurs organismes communautaires (Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale, Groupe L’Itinéraire) ou regroupements de créateurs (Kino, Prends ça court!) profitent aussi de l’expertise et du soutien de l‘INIS pour leurs propres activités. L’Institut est également partenaire de La Course Estrie et des émissions « müvmédia » (TV5) et « L’Émission » (Canal Vox). Depuis 12 ans, on évalue à plus de 5 000 les personnes ayant transité par le réseau de l’INIS. C’est l’ensemble de cette action que viendra hypothéquer l’abolition du Programme national de formation.

Dans les prochains jours et semaines, l’INIS va multiplier les démarches de concertation avec les autres centres de formation canadiens et les différents organismes et sociétés du milieu culturel afin de coordonner les actions à mener auprès de la ministre Josée Verner et du gouvernement canadien. L’Institut compte aussi sur l’appui de son réseau de diplômés, de formateurs et de collaborateurs à la production, de partenaires de même que celui des associations professionnelles et de leurs membres respectifs afin d’inciter le ministère du Patrimoine canadien à revoir sa décision.

* Évaluation sommative du Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo : http://www.pch.gc.ca/progs/em-cr/eval/2008/2008_5/index_f.cfm

À l’initiative des diplômés de l’INIS, un mouvement spontané de soutien a pris naissance sur le site de résautage Facebook. On peut y accéder à l’adresse : http://www.new.facebook.com/group.php?gid=24692169952

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Une Réponse à “L’INIS veut savoir pourquoi la formation n’est pas un investissement intéressant aux yeux de la ministre Josée Verner”

  1. Cécile Tawell Dit:

    Les coupures n’ont jamais aider à faire progresser la culture .

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