Le mépris de Harper

[Un texte de Félix Dufour-Laperrière, Cinéaste]

Les récentes coupes budgétaires annoncées par le gouvernement conservateur, touchant des programmes fédéraux de soutien aux arts, à leur enseignement et à leur diffusion, sont inacceptables.

Mais elles ne surprennent pas. Loin d’être l’expression d’un souci de rectitude comptable, ces programmes disposent de fonds peu significatifs à l’échelle canadienne, et le gouvernement Harper exprime ici son mépris et son ignorance de la chose culturelle. Et il offre aux regards canadiens l’immense erreur qui est à la base de la conception sociale conservatrice. En confondant grossièrement préoccupations morales, culturelles, économiques et artistiques, le gouvernement Harper met de l’avant les hiérarchies qu’il entend défendre. L’art soumis aux exigences de la rentabilité, la culture sous la tutelle d’une morale rétrograde, la préséance de l’efficacité économique sur les considérations collectives. Avec ces annonces, le gouvernement conservateur adresse un message clair à son électorat. J’espère que nous saurons nous y opposer tout aussi clairement, dans les urnes et ailleurs.

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