Comment expliquer de telles décisions à la lumière des constats positifs de ces dernières années?
[texte de Alain Dancyger, Directeur général, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal]
De retour d’un séjour exceptionnel de trois semaines à Paris, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal apprenaient avec stupéfaction que les deux programmes stratégiques et cruciaux – Promart et Routes commerciales – pour la promotion et l’exportation de la culture canadienne à l’étranger étaient abolis. Des coupures drastiques tout aussi surprenantes qu’injustifiées!
Comment expliquer de telles décisions à la lumière des constats positifs de ces dernières années? Un rapport, commandé par le gouvernement fédéral et déposé en janvier 2006, concluait, à la suite d’un audit, que le programme Promart atteignait les objectifs fixés au départ. Mieux encore, l’une des recommandations du rapport était d’augmenter les fonds alloués à ce programme afin d’en rehausser l’efficacité!
Au-delà de cette incongruité pour la moins surprenante, le programme Promart a permis à des centaines d’organismes culturels de premier plan de se produire sur les scènes du monde entier à la demande des diffuseurs les plus prestigieux.
Prenons pour exemple les prestations données par Les Grands Ballets au Grand Palais dans le cadre de la 4e édition du festival Les Étés de la danse de Paris : le succès remporté a été si phénoménal que de nombreuses demandes de diffuseurs nous sont parvenues en vue de réaliser une tournée de 4 semaines en mai et juin 2009 couvrant quelque 7 pays d’Europe et du Moyen-Orient.
Ce rayonnement de la culture canadienne à l’étranger est le reflet de l’excellence, de l’innovation et de la compétitivité des institutions, des organismes et des produits culturels développés chez nous par les artistes et artisans canadiens, qui concourent à renforcer l’économie canadienne et diffusent l’image d’un Canada dynamique et ouvert.
Ces décisions viennent également à l’encontre de la logique de la diplomatie culturelle si fondamentale pour les missions et ambassades à l’étranger.
La culture représente une carte de visite exceptionnelle pour tous les acteurs canadiens d’ici et implantés dans un monde convergent. L’enjeu de la culture est bien connu de tous les pays développés, en particulier ceux du G8 : un pays florissant et qui commande le respect de ses pairs se mesure par le rayonnement et l’impact de sa culture. L’histoire nous le confirme, encore et encore, et sans ambiguïté aucune.
Abroger ces deux programmes – les deux seuls programmes du gouvernement canadien pour l’exportation de la culture – condamne les organismes culturels non seulement à sortir du marché (la concurrence étant très vive avec les autres organismes culturels dans le monde, subventionnés jusqu’à 80% de leurs budgets), mais aussi à une mort certaine.
En effet, 40% des revenus générés par le milieu de la danse du Québec proviennent de la diffusion internationale. Il est aisé de comprendre que ne plus subventionner ce milieu serait discriminatoire – les autres secteurs de l’économie reçoivent des subventions ô combien plus imposantes que le maigre 4,7M $ qui est consenti à la culture! – et acculerait le milieu de la danse québécoise à la faillite.
Par ces programmes, le Canada a réussi à se bâtir, au fil des ans et grâce à tous nos artistes au pays, une réputation exceptionnelle et enviable sur la scène internationale, dont nous tirons tous une grande fierté. Célébrer cette fierté, c’est reconnaître l’importance de notre culture canadienne et de notre patrimoine, qui s’abreuve d’excellence et d’innovation dans le respect de chacun.
Pour toutes ces raisons, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal demandent que le gouvernement canadien réintègre ces deux programmes , tel qu’il a été recommandé dans le rapport d’inspection interne.
[Lettre adressée à L’Honorable David L. Emerson]
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Tags: danse, David L. Emerson, Ministre des affaires étrangères du Canada, Promartln b


25 septembre 2008 à 2:59
Les coupures dans les programmes de la culture du gouvernement conservateur Harper est une stratégie pour diviser la population et pour mieux diviser les votes qui ne feront qu’avantager les conservateurs.
Il faut absoluement s’unir et voter en force pour le seul parti qui arrivera à les bloqués.
25 septembre 2008 à 10:13
La stratégie des conservateurs consiste à se servir de la grogne des artistes,
pour diviser la population et du même coup leurs votes.
Avec moins que 33% de l’ensemble des votes, les conservateurs pourraient reprendre le pouvoir de façon majoritaire.
Il faut concentrer nos votes pour les bloquer.
Sans être partisan, il me semble que le Bloc nous offre actuellement l’unique et ultime solution.